Notre grand projet de retraite

Notre grand projet de retraite

Vous êtes-vous déjà interrogé sur la raison de votre existence? Quelle est votre mission dans l’univers? C’est le genre de questions qu’on se pose au moment de prendre sa retraite ou en fumant un joint (ou les deux en même temps). 😉

Sur le plan strictement biologique, notre mission sur terre est très simple, il faut se reproduire. Nous devons transmettre nos gènes pour assurer notre descendance.

Dans un sens, nous cherchons à devenir immortels.

Or, les 25 millions d’années d’évolution qui nous séparent du singe n’ont pas vraiment atténué cette pulsion.

Alors, quand on ne souhaite pas avoir d’enfants, quelle est sa raison d’exister? Est-ce que Van-Anh et moi passons à côté de notre destinée?

Je suis égoïste (et vous aussi)

On m’a déjà traité d’égocentrique parce que je ne voulais pas avoir d’enfants. Je suis entièrement d’accord avec cette affirmation.

D’un point de vue psychologique, « l’égoïsme est l’amour de soi, la tendance naturelle à se développer, à se défendre, à se maintenir » (source).

À mon sens, à moins de souffrir d’une pathologie, l’être humain est profondément égoïste. Les actes altruistes sont donc rarement dépourvus d’intérêts personnels.

Par exemple, les gens qui se lancent en politique, qui participent à des programmes d’aide humanitaire ou qui font des enfants cherchent indirectement leur propre bien-être.

Faites-moi savoir si vous connaissez un contre-exemple, je n’en trouve pas.

L'être humain est égoiste
Dans mon cas, je fais du bénévolat pour me sentir valorisé. Aider les autres me procure un profond sentiment de satisfaction. Je ne le ferais pas si ce n’était pas le cas.

D’ailleurs, des recherches scientifiques démontrent que l’action de donner accentue le bonheur. En fait, l’altruisme stimule les mêmes parties du cerveau que la nourriture et le sexe (source).

Dans le même sens, mon choix de ne pas avoir d’enfants est motivé par mon désir d’être heureux. Et, les gens qui veulent des enfants ont exactement le même raisonnement que moi.

Nous sommes donc tous égoïstes à notre façon!

Qui suis-je?

Avant la retraite, je n’avais qu’à mentionner que j’étais gestionnaire marketing pour que tout le monde comprenne mon rôle dans la société. Étrangement, ces deux mots définissaient tout ce que j’étais.

Par contre, quand j’ai quitté mon emploi, j’ai renoncé à cette identité. Pour la première fois de ma vie, je devais justifier mon existence.

En réponse à la pression sociale, j’ai dressé une liste interminable de projets à réaliser, de formation à compléter et de causes à défendre.

Bullshit!

En réalité, le projet qui me tenait réellement à coeur était déjà entamé depuis longtemps.

Notre grand projet, Tram-Anh

Je vous présente aujourd’hui un nouveau personnage dans mon histoire, ma belle-soeur, Tram-Anh. Depuis notre départ à la retraite, c’est elle notre grand projet.

Un avant-goût de la parentalité

Étant donné que je suis en couple avec Van-Anh depuis 21 ans et que cette dernière a une différence d’âge de 12 ans avec sa soeur, j’ai connu Tram-Anh alors qu’elle avait seulement 5 ans.

Par ailleurs, dans la culture vietnamienne, les enfants aînés s’occupent des plus jeunes. Ainsi, Van-Anh et moi avons eu un avant-goût de la parentalité.

Ce fut toute une expérience!

Une mémoire photographique

À un jeune âge, Tram-Anh était une enfant effacée qui interagissait peu avec les autres et qui avait énormément de difficultés à l’école.

Malgré notre acharnement, à raison de plusieurs heures par soir, les devoirs étaient une tâche insurmontable pour elle.

Heureusement, la mémoire phénoménale de Tram-Anh a compensé pour ses lacunes d’apprentissage.

D’ailleurs, un soir, nous sommes restés estomaqués quand Tram-Anh nous a récité par coeur un poème long d’une page après l’avoir lu qu’une seule fois.

Mémoire phénoménale d'une autiste
Vous voulez vous mesurer à Tram-Anh?
Voici le poème en question: Le mot de Victor Hugo


Par la suite, nous avons réalisé que Tram-Anh avait mémorisé les additions, les soustractions et les multiplications les plus fréquemment utilisées pour pallier son incompréhension en math.

Donc, elle savait que 10-2=8, sans comprendre la logique derrière ce calcul.

Une période sombre

Malgré ce talent hors du commun, le cheminement de Tram-Anh s’est envenimé avec le temps.

Elle a échoué plusieurs années scolaires, a dû changer d’école à maintes reprises, s’est faite renvoyer de tous ses emplois et a développé un comportement violent.

Même que les policiers sont débarqués à quelques reprises pour contenir des situations explosives.

Les psychiatres ne savaient plus où donner de la tête. Et, nous non plus!

Après quelques séjours en foyer d’accueil ainsi qu’à l’hôpital, tout semblait noir pour Tram-Anh. Pour nous, le désespoir était à son paroxysme.

Le point tournant

C’est alors qu’est arrivé l’inattendu. Un psychiatre dévoué a su poser le bon diagnostic et identifier la médication adéquate pour Tram-Anh.

Ce fut le point tournant! Après 26 ans d’attente, nous avions enfin des réponses à nos questions.

Il s’avère que Tram-Anh souffre d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) accompagné d’une légère déficience intellectuelle.

« On est tous un peu autistes! »

Le TSA touche principalement la communication socioémotionnelle. Pour Tram-Anh, ça veut dire exprimer tout ce qui lui passe par la tête, sans filtre.

Ça donne lieu à des situations cocasses. Voici quelques exemples:

Exemple d'autisme
Alors qu’un conseiller chez Réno-Dépot me disait ne pas avoir testé le produit qui m’intéressait, Tram-Anh rétorque « J’comprends pas, c’est écrit JE CONNAIS MON ENTREPÔT sur ton uniforme ».

Comportement autiste
Durant un repas entre amis chez nous, Tram-Anh lance aux invités « Ça fait déjà 3 heures que vous êtes ici, il serait temps de partir ».

Manque d'inhibition des autismes
À la rencontre d’un de mes oncles qui était particulièrement complexé par sa petite taille, Tram-Anh balance « Coudonc, es-tu un nain? ».

Chaque fois, je souris. Comment faire autrement? Même que j’envie un peu cette candeur.

D’ailleurs, quand Tram-Anh constate que je manque de tact envers un vendeur trop insistant ou un automobiliste qui laisse tourner le moteur pour rien, elle me dit « On est tous un peu autiste, hein J-S! ».

À chacun son Everest

Depuis que nous sommes maîtres de notre temps, Van-Anh, sa mère et moi avons redoublé d’effort pour guider Tram-Anh vers l’autonomie.

Ultimement, nous souhaitons que Tram-Anh puisse vivre seule, cuisiner des repas sains, maintenir une bonne hygiène de vie et peut-être même dénicher un emploi.

C’est ambitieux, mais j’y crois!

Déjà, depuis un an et demi, Tram-Anh a fait des pas de géant.

Elle a coupé près de 80% de sa consommation de sucre, elle a réduit ses émissions de télé à quatre par semaine, elle a commencé à faire du bénévolat et elle a développé un intérêt pour les randonnées (jusqu’à 20 km par jour).

Les défis d'une autiste
Ces changements sont majeurs pour une autiste. Pour nous, ce serait l’équivalent de gravir l’Everest.

Un rayon de soleil

Tram-Anh a une routine quotidienne d’appels téléphoniques. Tous les jours, elle contacte ma mère à 10h, Van-Anh à 12h et moi à 18h. Elle fait sa tournée pour s’assurer que tout le monde se porte bien.

Elle pose toujours les mêmes questions, « Qu’est-ce que tu fais? », « Qu’est-ce que tu as mangé? », « On se parle demain à la même heure? ».

Certes, il s’agit d’un moment privilégié pour moi. C’est souvent le rayon de soleil de ma journée. Je raccroche le téléphone avec le sourire à tous coups.

Merci Tram-Anh d’être comme tu es!

On se parle à 18h sans faute! 😀

« We make a living by what we get; we make a life by what we give » — Winston Churchill

Avez-vous un grand projet dans votre vie?

40 commentaires

  1. Merci JS de nous partager tes interrogations et du grand projet que toi et Van Anh poursuivez!
    Je me dépêche de donner écho à votre interrogation qui est celle qui nous anime tous :  »Est-ce que nous passons à côté de notre destinée? »
    « Sauver une vie est plus gratifiante que construire une pagode » a dit Bouddha l’Éveillé!
    Une prière résonne en moi : que les personnes considérées autistes puissent sortir de leur isolement et s’épanouir grâce au bon accompagnement de leur proche! i.e. ce que toi et Van Anh vous avez constamment et patiemment donné à Trâm Anh!
    Soyez assurés que toi et Vân Anh, vous n’avez pas du tout passé à côté de votre destinée! Au contraire, votre choix de vous libérer des chaînes du matérialisme et de réaliser votre grand projet en donnant espoir et joie de grandir à une belle petite fille ne peut être un mauvais choix! Ce choix lucide vous épanouit et fait épanouir la belle petite Tram Anh! Mille mercis de votre sagesse, de votre lucidité et de votre grand coeur!

    1. Bonsoir Lien,

      Comme vous le savez, selon la philosophie Bouddhiste, les enfants sont en quelque sorte une dette d’une vie antérieure. J’imagine que j’ai une demi-dette… 😉

      Blague à part, le rôle que je joue dans la vie de Tram-Anh me fait probablement plus de bien à moi qu’à elle.

      Merci pour les bons mots!

    1. Merci bien!

      Je me suis permis un texte un peu plus personnel et je suis content de voir que ça parle à certains lecteurs.

      Aussi, merci de m’avoir indiqué l’erreur. J’ai appris quelque chose de nouveau au passage.

      Bonne fin de soirée!

  2. Je comprends que vous vous êtes retrouvés dans cette situation sans le savoir où le vouloir. C’est plus valable pour moi. Dans ce cas-là on ne réfléchit pas à ce que cela va nous apporter… pas d’égoïsme ou d’orgueil et on le fait de bon cœur

    1. Bonjour Diane,

      Aider les autres me rend heureux, alors, ironiquement, c’est une forme d’égoïsme. Même si je le fais de bon coeur, j’y trouve quand même mon propre bien-être.

      Par exemple, je n’irais pas défendre ma patrie au front, même si c’était pour le bien commun.

      Ma pensée philosophique de la semaine… 😉

  3. Bonjour J-S, C’est toujours un plaisir de te lire. Tes textes me font beaucoup réfléchir, vous êtes inspirants.

    1. Salut Chantal,

      Ça me fait vraiment plaisir d’avoir de tes nouvelles!

      Ce texte déborde du cadre habituel, mais j’avais besoin de l’écrire. Même si je ne parle pas de finances personnelles, je pense que ce genre de questionnement fait partie du passage vers la retraite.

      Merci d’avoir pris le temps de commenter. Tu reviendras!

  4. Bonjour J-S,

    Ce n’est pas tout le monde qui veut avoir des enfants, et c’est correct ainsi. Je vous raconte une histoire. Ma femme a travaillé à la maternité pendant quelques temps. Un soir, une femme accro aux drogues dures (crack, héroïne, etc.) est arrivée à l’hôpital pour accoucher d’un enfant qu’elles ne connaissent pas le père. Le bébé est né dans un état pitoyable. Il devait être drogué sous-surveillance pendant plusieurs jours, car sinon, ils tombaient en « manque ». Le bébé a été accoutumé aux drogues dures pendant toute la grossesse, donc lorsqu’il naît et il n’a plus de drogue, il est en état de choc. À ce moment, ça faisait un an que ma femme et moi essayions d’avoir un enfant, mais nous n’étions pas capables de tomber enceinte. Elle a senti beaucoup de frustration en voyant cette situation. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Plus tard dans la soirée, une femme et son mari sont arrivés dans la chambre voisine. Il semblait être le petit couple parfait qui ferait de bons parents. Ils attendaient leur bébé depuis longtemps. Mais, ce soir-là, c’était une histoire complètement différente pour eux. Leur bébé est décédé durant la grossesse. Étant donné que la femme était avancée dans sa grossesse, elle a dû l’accoucher ainsi. Quelle tristesse!
    Comme quoi, ce n’est pas tout le monde qui devrait avoir des enfants. Pendant ce temps, d’autres voudraient vraiment en avoir, mais la vie en décide autrement.

    En terminant, je vous dis « bravo » pour ce bel hommage que vous faites à votre belle-sœur!

    Au plaisir,
    Retraite101

    1. Salut R101,

      Ces deux histoires sont d’une tristesse infinie! Ce sont pas mal les pires scénarios imaginables.

      Certes, ce n’est pas ce genre d’histoires qui nous a dissuadés d’avoir des enfants. Grâce à Tram-Anh, nous avons eu un avant-goût des angoisses, des stress et du sentiment d’impuissance lié au rôle de parent. Je pense que c’est un rôle extrêmement exigeant, même quand tout est « normal ».

      Nous avons choisi de nous réaliser autrement, reste que j’admire le dévouement extraordinaire des parents.

      Merci pour ton témoignage!

  5. Salut J-S !

    Excellent et très beau texte. Vraiment touchant. Pour avoir rencontré Tram-Anh au BBQ que vous avez organisé cet été, j’ai VRAIMENT ri aux éclats lorsque j’ai lu les petits exemples de répliques qu’elle t’a sorti ! Ce sont des personnalités candides comme tu le dis, sans aucune malice. C’est vraiment rafraîchissant et ça fait changement de la langue de bois dans laquelle on vit à tous les jours !

    Ici au bureau, nous avons une employée qui souffre d’un syndrome d’Asperger. Elle est très fonctionnelle et elle fait un excellent travail. Évidemment, chaque cas est unique, et ce ne sont pas tous les gens qui sont TSA qui arriveront à fonctionner de manière autonome, mais je vous encourage très fort dans votre projet et je ne serais absolument pas surpris que tu nous apprennes, dans quelques mois ou quelques années, que Tram-Anh s’est trouvé un travail.

    Ton texte m’a fait du bien ce matin, merci beaucoup. Van et toi, vous êtes vraiment de beaux êtres humains. Inspirants. Vous méritez pleinement le bonheur que vous vivez !

    Au plaisir !

    1. Merci beaucoup Yann!

      C’est vrai, tu l’as rencontré. D’ailleurs, Tram-Anh avait été fantastique lors du BBQ. Elle faisait le service aux tables et elle parlait à tout le monde.

      À un moment donné, elle m’a fait rire quand elle discutait de REER avec un de mes lecteurs. Elle n’avait aucune idée de quoi il parlait, mais faisais des grands signes de la tête et disait « c’est clair! ». Son interlocuteur n’y a vu que du feux.

      Si elle n’existait pas, il faudrait l’inventer.

      Au plaisir de se revoir dans un prochain événement!

  6. Merci JS pour tes partages. Tu me fais réfléchir à chaque fois.
    J’ai toujours cru que « tu récoltes ce que tu sèmes ». Tes choix, tes actions et tes projets t’offrent les plus belles des récoltes. Ce, dans tous les formes. Ton partage encore aujourd’hui en témoigne .
    Bravo!
    Pi un beau bonjour à Tram-Ahn.

    1. Salut Richard!

      Quel plaisir d’avoir un commentaire de ta part!

      D’ailleurs, tu ne le sais probablement pas, mais tu fais partie de l’imaginaire de Tram-Anh. Quand tu lui avais généreusement donné les billets pour le spectacle de Céline, tu l’avais marqué. Ce fut un événement mémorable dans sa vie puisqu’elle est en adoration avec Céline. Elle m’en parle encore.

      Je passe le bonjour.

      Passe une excellente fin de journée!

  7. Holà Jean-Sébastien,

    C’est une belle histoire et j’imagine l’énergie incroyable et la ténacité que ça doit demander. Chacun a ses raisons de vouloir ou de ne pas vouloir d’enfants et j’ai encore droit à d’étranges remarques sur le fait que je n’en ai pas eu et surtout que je n’en ai jamais voulu car pour une femme, c’est presque un sacrilège de ne pas vouloir d’enfants. Je ne m’étendrai pas ici sur mes raisons car je ne veux pas jouer la Starlette de l’Académie qui fait pleurer tout le monde ;o)

    Ma cause à moi, ce sont les animaux: abandonnés, maltraités, errants. D’aucuns me demandent pourquoi je mets de l’énergie là-dessus, pourquoi je les nourris alors qu’il y a tant d’enfants qui crèvent de faim. Ma réponse? « Ah oui, c’est vrai. Et qu’est-ce que tu fais de tangible pour tous ces enfants qui crèvent de faim? » Non, je ne fais pas de dons en argent pour soulager ma conscience, mais le petit peu que je fais est gratifiant. D’autre part, je suis contente de ne pas avoir eu d’enfants, étant donné l’héritage écologique qu’on va leur laisser, mais ça, c’est une autre histoire et c’est une cause dans laquelle je suis très impliquée aussi: la réduction des déchets. J’ai toujours eu un côté écolo qui veut sauver la planète mais depuis un an, ça s’est développé à la vitesse grand V, sûrement parce que j’ai plus de temps à y consacrer et que je constate de plus en plus que notre planète est en péril et qu’il faut y voir rapidement.

    Je ne changerai pas le monde mais je suis une bonne fourmi besogneuse. Aider l’autre, qu’il soit animal ou humain, ça fait du bien à soi aussi. L’important est de ne rien attendre en retour; là est le secret.

    1. Hola Gabriella,

      Nous aussi, nous avons subi pas mal de pression sociale. Néanmoins, nous avons la chance de vivre dans une période où l’Église n’a plus vraiment d’emprise sur nos vies. Je ne peux même pas imaginer comment c’était il y a 50-100 ans.

      Merci d’avoir partagé ton projet. Il est très noble.

      Peu importe la cause, si tout le monde contribue une petite goutte d’eau dans l’océan, le monde sera immensément meilleur.

      Sur le plan écolo, je suis plutôt optimiste puisque les mentalités changent rapidement. À l’intérieur d’une génération, on est passé du Hummer à la Tesla.

      Peut-être qu’un jour le prestige découlera de son empreinte CO2 plutôt que de son char. Le bus sera la prochaine Tesla!

  8. Bonjour J-S
    Merci de partager ta belle histoire de vie ,c’est en lisant ce genre d’histoire qu’on comprend le vrai sens du mot : Humanité . Bravo pour ton implication sociale

    1. Merci beaucoup Jay!

      Honnêtement, le but derrière ce texte n’était pas de me faire lancer des fleurs. Je voulais plutôt faire un hommage à ma belle-soeur qui est une source d’inspiration pour moi.

      Toute sa vie, elle a nagé à contre-courant. Malgré tout, c’est le personne la plus positive que je connaisse. J’aimerais avoir son courage.

      Merci et bonne journée!

  9. Holà encore une fois ;o)

    Je viens de me souvenir d’une petite histoire qui m’est arrivée et qui devrait interpeller Van-Anh ou sinon, sûrement ses parents. On est en 1979 et j’ai 14 ans (ouch! ça fait longtemps ;o). Beaucoup de réfugiés vietnamiens fuient leur pays dévasté par la guerre et viennent au Canada pour refaire leur vie. Je suis à Trois-Rivières et je prends l’autobus pour aller à Sherbrooke visiter ma sœur aînée. Dans l’autobus, il y a une famille élargie de Vietnamiens qui vient tout juste d’arriver au Québec. Ils semblent perdus et désemparés alors j’essaie d’échanger avec eux pour voir si je peux les aider d’une quelconque manière. Ils ne parlent pas français et baragouinent quelques mots d’anglais et mon anglais se limite à peu près à yes, no, toaster. Avec des gestes, des dessins et quelques mots, je finis par comprendre qu’ils doivent rejoindre le reste de la famille qui vit à Sherbrooke depuis peu de temps. Ils me montrent un papier avec l’adresse et je sais où c’est étant donné que j’y ai habité. En descendant du bus, je leur montre où sont les taxis mais je comprends qu’ils n’ont plus d’argent. Je les ai donc accompagnés à pied malgré un bon détour pour moi. Lorsque qu’on est arrivés à destination, je ne peux décrire toute la joie dans leurs regards d’être enfin réunis. Ils voulaient me garder pour le repas mais j’ai déclinée, un peu gênée et me disant que je n’avais rien à faire là. Pour moi, ce n’était qu’un petit service de rien du tout mais probablement que pour eux, ça valait de l’or. J’y repense aujourd’hui et ça me fait encore chaud au cœur. Ce n’est qu’un petit geste, comme tant d’autres de même acabit que j’ai répétés par la suite, mais c’est profondément réconfortant.

    1. Quelle belle histoire!

      Merci Gabrielle de l’avoir partagée.

      Je me met à la place de cette famille qui arrivait dans un monde étrange après un périple difficile… Tu étais peut-être la première impression qu’ils avaient de nous. Bravo! D’ailleurs, je suis certain qu’ils se souviennent de toi.

      Tu nous as bien représenté! 😉

  10. Quelle implication !! Wow !! On dit souvent qu’il faut un village pour éduquer les enfants. Ce matin, je suis en congé et en écoutant l’enregistrement de la série unité 9, la détenue des premières nations dit à Jeanne « vous autres, vous vous comparez »et nous « nous partageons notre expérience ». Il est vrai que souvent on se compare aux autres et pourtant il devrait en être autrement. En partageant, on apprend !
    Cette belle jeune femme est chanceuse de vous avoir dans sa vie !

    Trois enfants plus tard, 3 TDA dont 1 TDAH, j’aurais tellement apprécié l’aide plutot Que le jugement des autres… personne ne peut savoir ce que nos enfants vivent et nous comme parents. C’est tough !! J’aurais aimé avoir un village pour me réconforter, m’écouter simplement…

    Ce matin, je me questionne sur ma vie, ma façon de penser…mon besoin constant de me sentir valorisée, utile… je suis à ma retraite depuis 2010 et je n’ai pas cessé de travailler depuis ce temps!!

    1. Bonjour Linda,

      J’aime vos citations. Beaucoup de sagesse dans ces paroles. Je pense que les premières nations avaient beaucoup à nous apprendre avant qu’on les écrase et qu’on les colonise.

      Je ne peux pas imaginer la vie au quotidien avec 3 enfants TDA. Vous êtes une sainte.

      Bonne réflexion!

    1. Merci bien Ghislaine!

      Je suis content que vous l’ayez apprécié.

      J’avais peur que ce texte soit trop personnel. Certes, je ne peux pas parler de ma vie de retraité sans parler de ma belle-soeur.

      À la prochaine!

  11. Encore un excellent article Jean-Sébastien!
    La partie qui m’a le plus saisie, c’est au début, quand tu mentionnes que ta liste de projets, finalement c’est de la bullshit. Peux-tu nous expliquer ton changement de direction? Était-ce parce que tu avais fait cette liste à cause de la pression sociale? Pourquoi est-ce que ça n’a pas tenu la route? Je suis curieuse de t’entendre sur le sujet!

    1. Merci Joanie!

      Pour répondre à ta question, avant la retraite, j’avais l’impression que le temps serait illimité quand je serais maître de mon horaire. Je pensais avoir le temps de me dédier à plusieurs projets en parallèle, d’écrire un roman, de devenir guide touristique, etc.

      Toutefois, c’était une vision complètement utopique de la retraite. En fait, les journée me glissent entre les doigts. Je pense que je manquerai toujours de temps, toute ma vie.

      Au final, ce sont les projets qui me trouvent et non l’inverse. Par exemple, un jeune entrepreneur m’approche pour des conseils marketing, une idée d’article me vient en tête, le soleil sort, alors on part pour une randonnée en montagne.

      J’ai appris à me laisser porter par la vague plutôt que d’essayer de suivre un plan défini.

      J’ai encore l’ambition de réaliser les projets que j’avais listés. Par contre, je ne m’impose aucune pression. Ça arrivera quand ça arrivera!

      Merci pour la question. À plus!

  12. C’est un beau projet que tu soulèves ici, et je suis moi-même en quête de mon identité. Ayant perdu mon mari il y a 6 ans, j’ai dû quitter mon emploi puis j’ai choisi de déménager pour me rapprocher de ma famille, alors je n’ai plus d’identité professionnelle. Je n’assume pas très bien le fait que je sois une jeune retraitée, et je n’ai pas envie de raconter toute mon histoire à chaque rencontre. C’est plate qu’on s’identifie tellement à notre profession!

    1. Bonjour La Cocagnaise,

      C’est déstabilisant de perdre son identité. Quand j’ai mis un terme à ma carrière, c’est comme si j’abandonnais une partie de moi-même. Entre autres, j’avais l’impression de perdre la réputation et la crédibilité que j’avais bâti à travers tous les projets que j’avais réalisés.

      J’imagine que de perdre son/sa conjoint(e) est également un énorme morceau de son identié qui disparaît.

      Bonne chance dans votre nouvelle vie! Je vous souhaite que du bonheur!

  13. Je me joins à ma soeur Lien pour vous remercier, Jean Sébastien et Van Anh, de votre empathie envers Tram Anh. Tram Anh a beaucoup de chance de vous avoir.
    Votre noble projet , votre générosité, votre esprit positif et votre résilience sont admirables et inspirants pour moi.

    1. Merci beaucoup Kim-Anh!

      Tram-Anh a la chance d’avoir un entourage solide. Vous en faites partie.

      Humblement, mon implication n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan par rapport à celle de sa mère et de vous toutes. En fait, sa mère est la vraie héroïne de cette histoire. À mon sens, les proches aidants sont des héros qui vivent dans l’ombre.

      À très bientôt!

  14. Bonjour J-S,
    Merci de partager cet aspect de ta vie.
    Bravo – ton blog est excellent.
    En passant, avez-vous essayé la diète GAPS (Gut and Psychology Syndrome) du Dre Natasha Campbell-McBride? Une piste à explorer…
    A+

    1. Bonjour Susan,

      Bienvenue dans la communauté!

      Je ne suis pas familier avec cette diète, mais je vais jeter un coup d’oeil…

      En tout cas, nous avons mis beaucoup d’emphase sur la nutrition de Tram-Anh. Selon moi, c’est la base de tout le reste. J’aime penser que ça a une incidence sur son comportement.

      Merci pour le partage!

  15. Merci pour ce bel article Jean-Sébastien !
    Le temps est notre plus grande richesse.
    Avoir le temps de prendre soin de soi et des siens est pour moi un des plus grands avantages d’une retraite anticipée. C’en est même un but!
    On entend souvent que « time is money ».
    Dans notre situation, « money is time ». Le paradigme est renversé.
    Rien ne pourra nous enlever ces précieux moments. Même un marché baissier…😉
    Passez tous les trois une excellente journée!

    1. Ah la sagesse d’un retraité!

      « Money is time », bien dit. Une fois que la question financière est réglée, on peut passer au choses sérieuses. C’est-à-dire, on peut dédier son temps à ses proches et/ou aux projets qui sont réellement valorisant.

      Par ailleurs, je ne regarde plus les cours boursiers. Je laisse plutôt la tempête passer.

      En parlant de tempête, as-tu le même plaisir coupable que moi le matin quand tu vois les flocons tomber et les embouteillages monstres?

      Profite bien! Salutations à ta douce!

      1. Tu veux dire, comme ce matin ? 😉
        J’ai ce plaisir quelle que soit la météo !
        S’il fait beau, je pense à ma marche ou à mon tour de vélo.
        S’il fait moins beau, je regarde la météo pour trouver le moment opportun pour sortir.
        Une chose est sûre, les matins sont plus tranquilles !

        Bonne journée à vous tous !

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