Les québécois et l'argent

Les Québécois et l’argent

Lors d’une récente escapade à New-York, à la douane américaine, on nous a posé LA question qui permet de démasquer les terroristes, c’est-à-dire « qu’est-ce que vous faites dans la vie? ». Quand j’ai répondu « nous sommes retraités », les yeux du douanier se sont illuminés. Après s’être informé de notre stratégie, il a conclu avec un « good for you guys! », le sourire aux lèvres. En contraste, à notre retour au pays, le douanier québécois n’a pas partagé le même niveau d’enthousiasme quand j’ai répondu de la même façon. D’un air énervé, il a froncé les sourcils et a répliqué « ok, qu’est-ce que vous faisiez dans la vie alors? ». Le jugement était évident dans ses yeux! Pourquoi est-ce qu’au Québec l’argent est un sujet si délicat? Avons-nous du mépris pour ceux qui réussissent?

La religion, vraiment?

Chaque fois qu’on explore le rapport des Québécois avec l’argent, on explique tout à travers notre héritage religieux. Plusieurs générations de francophones ont subi l’influence négative judéo-chrétienne, j’en conviens. À l’époque de mes grands-parents, on se faisait enfirouaper par le curé de la paroisse. « Argent = pas bon. Pauvreté = paradis » (source). Reste que les préjugés face à l’argent sont toujours présents, alors que l’Église a perdu toute son influence.

Selon un sondage Léger, « plus du tiers des Québécois (35%) sont peu ou pas du tout à l’aise de parler d’argent et de finances personnelles » (source). L’argent est toujours tabou, mais la religion n’a plus rien à voir là-dedans!

L’analphabétisme financier

C’est bien connu, on a peur de ce qu’on ne connaît pas. Et, au Québec, l’incompétence financière est généralisée. La vaste majorité des Québécois ne comprennent pas les préceptes de base des finances. Qu’on soit professionnel, chef d’entreprise, ministre et même conseiller financier, le niveau de méconnaissance est parfois affolant.

Preuve à l’appui, « entre 1990 et 2008, la croissance des dépenses des ménages a été deux fois plus rapide que celle de leurs revenus, tandis que la croissance de leur endettement a été six fois supérieure (source) ».

Les Québécois sont désormais les champions de l’insolvabilité au pays. « Depuis les cinq dernières années, le nombre de dossiers de faillite a augmenté de 22,2%. Il s’agit de la province où le ratio de dossiers d’insolvabilité, par rapport à la population, est le plus élevé. (source) ». Les Québécois semblent incapables de bien planifier leurs finances.

Les jeunes Québécois ne sont pas en meilleure posture. Avec des parents endettés à 167%, qui épargnent à peine 3% de leurs revenus et qui consomment de façon absurde, les enfants sont voués à être des victimes à leur tour.

Par ailleurs, l’unique cours d’économie offert au secondaire a été aboli par le gouvernement Charest en 2009. Bien qu’un nouveau cours soit prochainement instauré, ça reste une goutte d’eau dans un océan de marketing et de consumérisme.

Fait déconcertant, les syndicats de l’enseignement sont montés aux barricades pour demander un moratoire pour bloquer les cours d’éducation financière (source). Force est d’admettre, on est vraiment une société distincte!

L’argent, une source d’angoisse

« Money is a great servant but a bad master » (Francis Bacon). C’est-à-dire, l’argent peut être un levier incroyablement puissant vers le bonheur, mais peut aussi nous réduire à l’esclavage. Seulement, trop de Québécois se retrouvent dans le deuxième scénario.

42% des Québécois sont angoissés par leur situation financière (source). Selon le même sondage Léger, « 43% des répondants ont admis ne pas toujours parvenir à payer le solde inscrit à leur carte de crédit alors que 14% n’arrivent jamais à le faire ». Quant à l’épargne, « 22% des répondants affirment qu’ils ne sont pas en mesure de mettre de l’argent de côté ». D’ailleurs, « 47% des Québécois possèdent moins de 3 000 $ dans un fonds d’urgence pour faire face à un imprévu ».

Avec une telle précarité, je comprends que l’argent soit un sujet de discussion qu’on préfère éviter!

Le mépris pour les riches

Au Québec, quand on voit un riche qui se pavane dans sa Ferrari, on dit « En voici un qui ne paie pas assez de taxes! », « Beau crosseur! » ou « C’est payant de vendre d’la poudre! ». Pour avoir travaillé quelque temps aux États-Unis, je peux dire que la réaction est tout autre là-bas. Un Américain dirait plutôt « un jour, j’aurai la même bagnole! ».

Pourquoi est-ce qu’on méprise davantage la richesse qu’on ne l’encourage? C’est la partie que je n’arrive pas à m’expliquer. Ce n’est pas parce que quelqu’un a fait fortune qu’il l’a fait en exploitant et en volant le pauvre peuple.

Comme l’explique Alain Dubuc dans son livre Éloge de la richesse, ce n’est pas en luttant contre la richesse qu’on lutte contre la pauvreté. Au contraire, si le Québec avait autant de riches en proportion qu’en Ontario, les recettes fiscales augmenteraient de 5 milliards de dollars! La meilleure façon de « faire payer les riches », c’est d’avoir des riches.

L’argent fait le bonheur?

L’argent ne fait pas le bonheur, mais comme disait Yvon Deschamps, « mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade ». En ce sens, j’ai l’impression que de plus en plus de Québécois comprennent que l’argent est un outil fabuleux pour réaliser des projets et pour vivre librement. En tout cas, je rencontre de plus en plus de gens qui font mentir les vieux clichés.

Je vous laisse là-dessus, je dois aller faire la file pour acheter mon billet de 6/49, tout en « bitchant » sur la météo. 😉

Attendre pour un billet de loto

Trouvez-vous que les Québécois se mettent la tête dans le sable dès qu’on leur parle d’argent?

46 comments

  1. Faudrait avoir honte d’être riche au Québec… Quelqu’un qui est riche ici, les gens dissent automatiquement que c’est parce qu’il fraude ou a arnaquer des gens, c’est pas possible de faire de l’argent de manière honnête sa l’air. Ont est toujours entrain de les traiter comme de la merde, faudrait toujours que les impôts des riches soient de plus en plus haute. Ont est la place qui taxe le plus les riches et c’est quoi les conséquences, ben ils partent ailleurs. Ont à seulement 20 milliardaire au canada, alors qu’il en a plus de 80 juste sur l’ile de Manhattan… Pourquoi un riche resterait ici, c’est grace à ces impôts qu’ont peu ce payer notre système de santé gratuit, notre école gratuite, tous nos services sociaux et pour le remercier ont lui chie sa tête. Ont le taxes à plus de 50% de sont revenu et après ont va lui dire, aille tu fait pas ta part, faudrait tu en paie plus, alors qu’il est même pas foutu d’avoir un médecin de famille avec ces impôts, il est obligé d’aller au privé payer en double pour réussir a en avoir un.

    1. Salut Yan,

      Juste par le fait de vivre au Canada, nous sommes riches. Quelqu’un qui gagne un salaire moyen ici se retrouve dans les 3% mondial. Alors, tout est relatif! Pour la majorité des gens sur la planète, nous sommes considérés comme les riches. Pourtant, très peu de ces « pauvres » nous méprisent ou nous blâment pour leur misère.

      C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de grandes fortunes au Québec. En plus, ça fait seulement quelques générations que les Québécois francophone ont vraiment « accès à la richesse ». Néanmoins, je trouve que ça nous prend du temps pour s’adapter à cette réalité!

      Merci pour le commentaire!

  2. Mon propre expérience à moi est qu’il y a beaucoup de jalousie quand je dis que je suis à la retraite depuis 6 ans. Et là, on me dévisage: ‘Quel âge as-tu ?’ Et ensuite, la prochaine question sans équivoque: ‘ Qu-est-ce que tu faisais avant ?’ Aussitôt que j’ai dis ce que je faisais, je dis ensuite que maintenant, j’ai des blocs appartements. C’est à ce moment que les visages changes un peu, car je suis un de ses propriétaires, pas celui qui fait les manchettes par rapport aux problèmes des loyers à Mtl, mais c’est pas loin et que sûrement que mes loyers sont élevés, etc. etc. etc.
    La réalité est tellement tout autre. J’ai tellement travaillé avant d’avoir ce que j’ai, tellement, à raison parfois de 3 emplois, une stricte discipline d’épargne afin d’acheter d’autres immeubles, et j’en passe.
    Ce que je faisais avant n’importe peu, c’est quand que je leur dis que j’ai une paie par mois, au moment de la perception des loyers et que ce n’est pas si facile, il y a l’entretien et tout ce qui vient avec le fait d’être un propriétaire d’immeuble à logement. Mais bon, les gens voient ça d’un autre œil. Je passe pour un profiteur, alors que pourtant, personne, mais vraiment personne, n’est obligée d’habiter dans un de mes immeubles. Au contraire, j’invite tout le monde, les québécois en particulier, à faire comme moi.

    1. Salut Alain,

      Ça me fait plaisir d’avoir de tes nouvelles!

      J’ai le même constat que toi. C’est la motivation, la discipline et le travail qui permettent d’atteindre l’indépendance financière. Certains pensent que j’ai eu un passe-droit. Au contraire, j’ai vécu la crise financière de 2008, alors que 100% de mon avoir était en bourse. Ainsi, j’ai perdu pratiquement la moitié de mes économies en quelques semaines.

      Aussi, je remarque que les gens mettent toujours l’emphase sur les revenus. C’est souvent la première question, « qu’est-ce que vous faisiez dans la vie coudonc? ». En réalité, dans mon cas, le taux d’épargne est la variable la plus importante.

      Bravo pour ton parcours! Merci de le partager avec les lecteurs!

      À bientôt!

  3. Encore une fois un article très intéressant. Merci pour les recherches et les informations.

    J’en reviens pas du nombre de Québécois qui ont moins de 3000$ en cas d’urgence et/ou imprévus. Avec mon conjoint nous faisons à deux entre 12 000 et 30 000$ par année selon les années, nous voyageons en moyenne 6 mois par année et travaillons en moyenne 5 mois par année. Nous avons 10 000$ de côté pour imprévus/urgence. Ce n’est pas une question de revenus, mais bien de choix de dépenses. Nous n’avons jamais le sentiment de nous priver. Je suis chanceuse d’avoir eu une éducation financière par un enseignant génial au secondaire et par une mère qui m’a donné un bon exemple. Oui au retour du cours d’économie! et pourquoi pas un cours où on enseigne que le bonheur n’est pas dans le matériel 😉

    1. Bravo, Fabien et Noémie! C’est exactement comme ça que je vis, en faisant des choix. Je ne dépense presque pas mais je voyage et je choisis de voyager de façon très économique et vous paraissez faire la même chose. Non, je ne me paie pas de resto à 100$ mais pour ce même 100$, je peux me nourrir pendant 1 mois au Mexique, en incluant les restos… Le choix n’est pas difficile à faire pour moi.

    2. Bonjour Noémie,

      Moi aussi, je suis renversé par la précarité financière des Québécois. Ils peuvent se retrouver dans la misère au moindre imprévu. J’imagine qu’ils sont déresponsabilisés de leurs finances et s’en remettent au gouvernement pour les sortir du pétrin. C’est malheureux!

      Bravo pour votre mode de vie! Vous vous êtes créé une vie de rêve, sans avoir une fortune. C’est très inspirant!

      Merci beaucoup pour le témoignage! À plus!

  4. Salut Jeune Retraité !

    Très bon article. Ça fait toujours plaisir de te lire !

    N’étant que Québecois d’adoption depuis officiellement 1 an et quelques jours (j’ai vécu 7 ans en Ontario avant), je ne peux pas trop commenter sur le rapport du Québécois avec l’argent. L’héritage de la religion catholique semble être une bonne piste d’explication. Car même si l’Église catholique a perdu beaucoup de son influence, la culture qu’elle a instaurée face à l’argent subsiste probablement encore. Par contre, chez les protestants, l’argent semble beaucoup mieux vu…

    Et en tant que français, je peux dire qu’il y a exactement la même attitude vis à vis de l’argent en France qu’au Québec : gagner de l’argent, c’est pas bien… ; si tu as autant d’argent, c’est que tu as fraudé quelque part ; tu paies pas assez d’impôts; etc. Ça commence à changer un peu avec tous les auto-entrepreneurs qui créent leur business, mais je pense qu’il y a encore une bonne partie de la population qui pensent qu’un chef d’entreprise, c’est quequ’un qui exploite les gens, un salaud de patron, un pourri de capitaliste, etc.

    Bref, je pense qu’il y a un rapport à l’argent chez les francophones qui n’est pas du tout le même chez les anglo-saxons. Je crois que l’influence des idées socialistes et communistes au cours du siècle dernier a joué aussi un grand rôle dans ce rapport qu’ont les francophones avec l’argent. Quand je pense à François Hollande qui déclarait pendant la campagne présidentielle de 2012: « mon ennemi, c’est la finance ! », on sent bien qu’une partie de la France a un problème avec l’argent. Et je vous passe les discours d’Arlette Laguiller, des anticapitalistes, et de tous ceux qui veulent « faire la peau » aux riches. Ces parties politiques sont quasi-inexistants au Canada et aux États Unis.

    D’un autre côté, je crois que c’est aussi cette culture qui permet d’avoir des programmes sociaux plus généreux au Québec que n’importe quelle autre province au Canada (après, peut-être que je me trompe, je ne connais en détails les lois de toutes les provinces). Bref, on peut toujours se consoler en disant qu’au moins au Québec, le mot socialiste (voire même le terme communiste) n’est pas une insulte contrairement aux États-Unis ! ?

    1. Salut AnthonyR,

      Merci pour le commentaire très pertinent!

      Au Québec, tout comme en France, nous sommes fièrement socialistes. Le mot « capitalisme » est même péjoratif. Nos sociétés sont plus égalitaires, mais j’ai l’impression que ça en déresponsabilise plusieurs. Les nombreux filets sociaux font en sorte que plusieurs citoyens ne prennent pas leurs finances en main. Donc, au lieu d’épargner en vu de se constituer un fonds d’urgence, ils partent à Cuba pour une semaine.

      La devise française, « Liberté, Égalité, Fraternité », illustre bien l’esprit d’entraide et d’égalité. Tandis que la célèbre phrase de la déclaration d’indépendance des États-Unis, « Life, Liberty and the pursuit of Happiness », démontre plutôt une quête de bonheur et de prospérité. Même si ces écrits datent de centaines d’années, je pense qu’ils réflètent encore bien nos différences culturelles.

      Au plaisir de lire tes prochains commentaires! À bientôt!

  5. Super, merci pour les articles, effectivement tu as raison les québécois n’ont aucune connaissance pour l’argent ou comment être en relation saine avec ses finances.
    Souvent lorsque je discute avec mon entourage, ils n’ont aucune idée du montant qu’il vont avoir à la retraite, ou me disent…je vais manquer d’argent à ma retraite (ils auront pour certains $ 50,000 par année) WOW avec ce montant et pas de dette je passerais une belle retraite moi. Mais voilà trop endetté comme vous dites car surconsommation oblige.
    Depuis longtemps que je suis en amour avec l’argent mais pour la liberté qu’elle m’apporte…économiser est devenu un jeu pour moi, et cela me permet de prendre régulièrement 6 mois de congé pour voyager ou m’occuper de mon jardin, faire du vélo de la course ou juste me « péter une série de 15 volumes en lecture »…voilà la liberté que m’apporte l’argent…et oui les gens nous regardent de travers car c’est pas normal. J’ai toujours inculqué à mes filles la valeur de l’argent, la façon d’économiser et être débrouillard pour faire plus avec rien…à 50 ans plus de dette, voilà ma récompense aujourd’hui… Oui je me sens riche (même sans avoir de millions en banque) et mes filles qui sont devenu adultes voient ce que peux rapporter d’être différent de la masse.
    Encore merci pour la bonne lecture que vous m’apportez.

    1. Bonjour Gilbert,

      Dans mon article, je fais allusion aux cours d’économie défaillants, mais, en fait, l’éducation financière devrait venir principalement des parents. À mon avis, c’est le rôle des parents de partager leur intérêt pour l’argent, comme vous semblez le faire si bien.

      Ça prends du courage pour dire « je suis en amour avec l’argent » au Québec. Je peux imaginer comment les gens vous jugent!

      Merci pour le témoignage inspirant!

  6. Excellent article encore une fois, Jeune Retraité, et je suis bien d’accord avec toi. J’ai toujours voulu faire un site sur l’éducation financière visant les québécois, justement parce que je crois qu’on peut être une société plus prospère si notre rapport à l’argent était plus positif, davantage axé sur l’investissement et l’épargne (mais pas l’épargne investi dans des petits sacs bruns de la caisse pop comme quand j’étais jeune). Dans le fameux cours d’économie qui a été aboli, je me souviens que mon prof nous avait parlé des actions. En gros, il avait comparé ça à un casino américain: géré par la mafia, utilisé par des gamblers, les gens risquent de tout perdre. Si on réintègre les cours d’économies, il faudra peut-être éduquer les profs (ce genre de cours étaient souvent donné par des profs qui n’ont pas une formation dans le sujet).

    1. Bon point Mr. Jack!

      Si le nouveau cours d’économie est enseigné par un analphabète financier (c’est-à-dire 95% de la population), rien ne va changer. On va enseigner aux jeunes qu’investir en bourse est du « gambling », que de louer un logement c’est jeter son argent par les fenêtres, qu’acheter une maison est toujours un bon investissement et qu’à la retraite on a besoin de 70% de ses revenus.

      On tout cas, restons positifs! Ça reste à suivre…

      Merci, à bientôt!

  7. Écoute les gens parler. C’est toujours la faute du gouvernement et de la société s’ils ne sont pas capable de mettre de l’argent de côté et qu’ils sont endettés. Ils extériorisent la faute, alors c’est certain qu’ils ne se rendront pas compte que pour être en meilleure posture, ils devront faire des efforts. Et ils ont beau avoir des augmentations de salaire, ils n’ont jamais plus d’argent dans les poches. Ils ne savent pas comment gérer ça. On aura beau mettre le salaire minimum à 20$ de l’heure, ces gens-là vont toujours être pauvres parce qu’ils ne savent pas comment gérer ça. Et plus important: ils ne veulent pas l’apprendre, parce que selon eux, c’est une source extérieure qui est responsable de leur malheur. Ajoutez à ça une bonne dose de jalousie mal placée (ils n’avoueront jamais être jaloux, après tout, ce n’est que la vérité qu’ils disent!). Faire une bon salaire, avoir une bonne job ou être un entrepreneur qui réussit, c’est sale, c’est mauvais. Faut pas en parler. Et le pire, c’est que beaucoup de conseillers financiers sont aussi pauvres et mal outillés que leurs clients, alors comment pourraient-ils les aider réellement? Ça me décourage, souvent!

    1. Merci pour le commentaire Cynthia!

      Selon moi, la pauvreté est parfois un état d’esprit, plutôt qu’une situation financière. J’ai déjà rencontré des gens que j’ai eu envi de prendre par les épaules et de secouer. Ils sont surendettés, ils paient des taux d’intérêts super élevés et trouvent le moyen de s’acheter un condo neuf.

      À un certain point, il faut arrêter de se plaindre et prendre ses problèmes financiers en main. J’ai des lecteurs qui ont atteint l’indépendance financière en occupant trois emplois, en faisant un salaire de 30k$ par année et en ayant que très peu d’éducation.

      Au lieu de me décourager de toutes les « victimes », j’aime mieux mettre l’emphase sur les gens allumés que je rencontre grâce à ce blogue. Merci de contribuer à mon bien être! 😉

      1. Les problèmes financiers, c’est souvent une question de personnalité. Ils ne sont qu’un syndrome. Le vrai problème, c’est que beaucoup d’individus ne font pas (ou font très peu) de travail d’introspection pour se connaître, se regardent dans le miroir pour savoir qui ils sont. Si un individuel qui gagne 30 000$ est capable d’épargner et un autre qui gagne 60 000$ est financièrement cassé, c’est bien clair de dire que le deuxième individu est incapable d’identifier (ou ne sait pas) ce qu’il aimer faire dans sa vie.

        Voici un autre livre intéressant à lire!
        Slow shopping thérapie de Valérie Halfon (disponible à la bibliothèque)

        Marc-André

        1. Salut Marc-André,

          Je suis content d’avoir de tes nouvelles!

          En tout cas, dans mon entourage, ceux qui font le salaire le plus élevé ne sont vraiment pas ceux qui ont les meilleures connaissances en finance. En plus, surprenamment, le taux d’épargne n’est pas lié au salaire.

          Selon moi, un des facteurs les plus importants est le fait de vivre en couple. En vivant avec une personne frugale, imperméable au marketing, ça permet de se « challenger » un et l’autre. Deux têtes valent mieux qu’une!

          Merci pour tes bonnes suggestions de lecture! À bientôt!

          1. Salut J-Sébastien,

            Je vais commencer un certificat en marketing bientôt. Comme Machiavel en politique, mieux connaître son ennemi pour ensuite gagner en pouvoir sur lui. Comprendre le marketing pour gagner en pouvoir sur lui!

            Comme le dit Fabien Major, conseiller financier, si tu n’est pas capable de gérer intelligemment ton revenu annuel de 30 000$, tu ne serais pas capable non plus de gérer 100 000$. Alors, c’est essentiellement une question d’attitude.

            Bonne soirée, M-A

          2. Salut Marc-André,

            Le marketing est passionnant. En tout cas, c’est une de mes passions. Je suis certain que tu vas t’amuser. Or, je ne le vois pas nécessairement comme un ennemi, surtout comme un outil très puissant. Quand on le métrise bien on peut changer le monde ou le détruire (ex: Trump).

            Au plaisir de se reparler (de marketing) bientôt! Bonne journée!

  8. Ce n’est pas tant l’argent qui dérange, mais le succès. Des fois, le Québecois a raison, quand il se plaint des prets de plusieurs milliards pour Bombardier.

    Pour le reste, il se trompe lorsqu’il se plaint de Teo Taxi, du Cirque du Soleil, des voitures électriques.

    Les PDGs de Facebook et Microsoft donnent 99% de leur fortunes? « Ce sont des crosseurs! C’est pour sauver de l’impôt ». Ben oui, ils pourraient aussi s’acheter pour plusieurs milliards de trucs inutiles. Grand bien leur fasse. Si Bill Gates peut utiliser les profits de Microsoft pour enrayer plusieurs maladies infantiles en Afrique, c’est un succès total.

    De Uber… J’ai lu plusieurs commentaires sur Uber. En général négatif. On parle que l’argent s’en va ailleurs. Mais personne ne propose que cette idée ou entreprise pourrait être québecoise également.

    Reprendre les idées et les modifier, les améliorer et les adapter au marché local. C’est ça qu’on devrait collectivement faire plutôt que chialer. 🙂

    1. Salut Le Calcul Riche,

      Je pense que tu as raison. Mon hypothèse est la suivante, les gens pensent que pour avoir du succès il faut avoir un talent exceptionnel ou beaucoup de chance. Ainsi, ceux qui n’ont pas de talents extraordinaires innés (la plupart de ceux qui ont du succès), sont perçus comme des chanceux.

      À mon avis, ceux qui réussissent sont plutôt ceux qui ont un niveau de motivation et de discipline extraordinaire.

      On peut manifester contre la mondialisation tant qu’on veut, ce phénomène est irréversible. Nous compétitionnons désormais contre la planète entière. À nous d’innover et d’être ambitieux au lieu de se plaindre. Le prochain UBER devrait être québécois!

      Merci, au plaisir!

  9. Ça me fait penser à quel point mes propres parents ou famille ne m’ont jamais parlé d’argent ou même donné quelque truc utile que ce soit pour investir (seulement d’épargner). Et aussi je n’ai jamais su leur salaire exact… c’est bien québécois ça.
    C’est évident qu’il y a un problème à ce niveau et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus… on dirait un complexe d’infériorité mais bon, je ne suis pas un psy!
    Je n’ai jamais eu de très payants emploi avant tout récemment et je vois vraiment la différence…. pourtant je n’ai pas changé et je ne dépense pas un sous de plus, j en fais qu en investir plus. Mais je vois bien que ça dérange et je me fais tirer de partout lorsque je parle de liberté financière.. personne n’y croit de ce que je vois autour de moi.

    C’est très évident ce problème généralisé on peut le sentir à 2000km à la ronde.
    Ça fait du bien de vous lire et de savoir qu’il y a quand même beaucoup de monde avec plus d ambition que ça!

    1. Toujours au rendez-vous Librocito! Merci!

      Je vis la même situation. Tout le monde est au courant de mon blogue et de ma passion pour le sujet, sauf que ça ne semble pas les intéresser plus que ça. Je rencontre des jeunes et quand je leur dis que je suis retraité, ils répondent « Ah bon! ». Il me semble que si je retournais 10-20 ans en arrière et que je rencontrais un trentenaire retraité, je voudrais tout savoir.

      Qu’on le veuille ou non, l’argent est un sujet primordial. N’ayons pas peur d’en parler!

      Merci d’en parler avec moi! 🙂

  10. C’est vrai que les québécois chialent en masse et ne veulent pas s’instruire.

    Moi-même, dès ma première jobine à 16 ans jusqu’à mes 20-22 ans, je n’en avais cure de l’éducation financière, malgré le bon vouloir de mes parents. On dirait que la société m’influençait tellement et ne cherchait qu’à me faire dépenser que j’en suis tombée dans le piège.

    Quand je me suis reprise en main, je me rappelle clairement l’un de mes cours à l’université. Le prof avait décidé de parler de comment gérer son salaire lorsqu’on est travailleur autonome et pleins d’autres points intéressants et pertinents. C’était des études en traduction, domaine ou le salarié est bien souvent à son compte (je n’ai jamais persévéré dans ce domaine après lol). Bah la majorité des étudiants, jeune vingtaine, se sont plaint que « ça avait tellement pas rapport son cours ». Je n’en revenais pas… Puisque moi-même j’avais du les années précédentes, bosser en malade pour payer mes dettes et que j’aurais bien aimé appliquer ces conseils à leur âge.

    C’est bien vrai tsé, si on est riche c’est qu’on ne travaille pas et qu’on fraude le système. Car on cherche toujours la pilule magique dans tout pour ne pas travailler, pas juste dans le domaine des finances mais également celui de la santé par exemple, là ou les produits miracles pas miracles sont monnaie courante. Alors que la bonne santé ça s’obtient par le travail et c’est tout.

    L’un des membres de ma famille est devenu riche, en travaillant des 10-12h+ par jour, 6 jours semaine pour faire rouler son entreprise. Je me rapelle quand j’allais l’aider dans le temps des fêtes, devoir rentrer à 6h le matin et quitter à 19h, bien après les autres employés.. Ça m’a appris qu’il fallait travailler dur dans la vie. Moi-même j’ai réussi à accumuler assez d’argent pour payer mes dettes et m’acheter un condo locatif, mais j’ai du faire des 16h, en masse, en tant qu’infirmière. Aujourd’hui je récolte ce que j’ai semé mais aux yeux des autres, ça serait de la fraude. :/

    1. Bonjour Sorcière Frugale,

      Bravo pour le blogue! Je prendrai le temps de le lire… Déjà, j’aime le nom!

      Les Québécois passent en moyenne 4h20 devant télé par jour. Si ce temps était plutôt dédié à l’atteinte de leurs rêves, il y aurait moins de jaloux. On cherche constamment la pilule miracle qui nous fera perdre des kilos, comme on cherche le billet de loto qui effacera nos problèmes financiers. C’est vraiment une question de volonté dans le fond.

      Merci pour le témoignage! J’espère qu’il y en aura d’autres! À plus!

  11. Je me suis fait dire la même chose lorsque j’ai songé à démarrer une entreprise.

    Ici les gens qui ont fait faillite en affaire son suspect. Aux États-Unis, une homme d’affaire qui fait faillite et qui lance un autre entreprise, c’est quelqu’un de résillient, qui est tenace. C’est vu comme un plus!

    Mais bon, on a quand même un bel écosystème de startup au Québec, alors peut-être que les mentalités vont finir par changer!

    P.S. J’ai répondu à ton message courriel (au cas ou il se perde).

    1. Salut RR,

      Comment va la retraite?

      Démarrer une entrerpise est extrêmement difficile et la prise de risque est souvent énorme. C’est pour cette raison que je respecte les entrepreneurs qui ont vécus une faillite. Ils donnent tout pour essayer de créer quelque chose de nouveau. D’ailleurs, je m’implique bénévolement auprès des startups montréalaises.

      La fondation de l’entrepreneurship a menée une étude en 2011 pour expliquer pourquoi si peu de québécois se lançaient en affaires. Un des principaux constats fut que « la relation avec l’argent et la richesse semble rester une faiblesse majeure dans le développement de la culture entrepreneuriale au Québec.» (source).

      Par contre, comme tu dis, les mentalités changent tranquillement.

      On se voit bientôt! À plus!

  12. Salut Jeune retraité !

    Effectivement de ce côté là, le Québec a gardé une forte empreinte française. Les comportements que tu décris sont les mêmes que ceux que j’observe en France au quotidien.

    Après de mon point de vue, la mentalité aux etats unis n’est pas non plus parfaite et est encore plus basée sur la consommation qu’au Québec.

    Finalement, le québec est vraiment entre l’europe et l’amérique sur ce sujet, comme la france pour les revenus et comme les etats unis pour les dépenses !

    Au fait, c’était un plaisir de boire un verre avec toi a Montréal il y a un mois, au plaisir !

    Baptiste

    1. Salut Baptiste,

      Ça me fait plaisir d’avoir de tes nouvelles!

      Comment se porte le marché locatif de l’autre côté de l’Atlantique?

      Plusieurs m’ont dit que les comportements que je reproche aux Québécois sont encore plus visibles en France. Socialisme oblige.

      Bonne chance dans tes projets! À plus!

      1. Salut Jean Sebastien,

        Tout se passe à merveille, le projet se finalise et laissera place à de nouveaux investissements, je l’espère encore plus ambitieux 🙂

        Pour revenir au sujet de l’article, il faut voir le bon côté des choses, avec cette mentalité il est plus facile pour nous de réussir nos objectifs en se différenciant du comportement « moyen ».

        Bonne continuation !

        Baptiste

        1. Tu as bien raison Baptiste!

          Je n’ai jamais vraiment eu l’impression qu’on me mettait des bâtons dans les roues quant à l’atteinte de mon objectif. Certes, j’ai rencontré plusieurs détracteurs, mais les commentaires négatifs n’ont fait qu’augmenter ma motivation. Le Québec reste une terre d’opportunités! J’aimerais juste voir les vieilles mentalités disparaître.

          Je te souhaite plein de succès dans tes projets! À bientôt!

  13. Salut jeune retraité!
    De retour au Québec après mes vacances(ça fais drôle à écrire quand tu est retraité…lol..)qui finalement auront durer 5 semaines au lieu de trois prévu au depart,la beauté d être libre financièrement!

    C est drôle ton aventure aux douanes,j ai vécu exactement la même chose quand j ai traverser la douane à saint Bernard de la colle le mois dernier en me rendant en utah,la gentille douanière après nous avoir demander ou on allais et pour combien de temps nous a demander ce qu ont faisais dans la vie,j aurais tellement aime pouvoir filmer sa réaction qui valaient 1 millions quand nous lui avons dis que nous étions à la retraite…elle c est exclamer un gros Wow Really,great for you guys!après quelques interrogations à savoir comment ont en étais arriver la elle nous a dis qu’on l inspirait et qu elle nous souhaitais une belle retraite bien mériter je n en revenais tout simplement pas!évidemment tu te doute bien que ce ne fut pas la même chose à notre retour au Québec…lol…non malgré tout ça c est quand même bien passé le douanier ne nous a pas demander ce qu on faisais dans la vie alors ça a simplifier la chose!

    Je suis bien content que vous ayez eu un beau pique nique avec de la belle meteo a montreal,as tu toujours l inention d en faire un a quebec prochainement?si oui,j ai vraiment hâte de te jaser ainsi que plusieurs personnes super intéressantes qu’on peut lire ici sur ton blogue!tiens moi au courant ce serais avec un immense plaisir!

    Bonne été à toi et ta conjointe et au plaisir de se rencontrer!

    1. Salut Patrick!

      Bon retour! J’espère que tu as fait un très beau voyage!

      Mon expérience à la douane n’est pas un cas isolé alors. C’est quand même drôle qu’on ait vécu la même situation.

      Pour le pique-nique, je doute qu’il y ait assez d’intéressés à Québec. Par contre, je risque de répéter l’expérience à Montréal vers la fin de l’été. Dans tous les cas, j’espère bien pouvoir te rencontrer prochainement.

      Bon été!

      1. Concernant les pique-niques, je me demandais s’il y avait d’autres lecteurs que moi dans la région d’Ottawa/Gatineau?

        Au plaisir de lire ton prochain article JR !

  14. Bonjour, j’aime bien ta philosophie de vie. Jai la meme. Dans 5 ans je serai à la retraite aussi à l’âge de 43 ans. Du côté financier nous aurons environs 2M d’avoir net avec des dépenses de 50k. Nous aurons aussi un portefeuille composé de 50% actions et 50% obligation. Pour composer portefeuille je prends les ETF de la série ishares core. Frais de gestion d’environs 0.1%. Je t’invites à regarder ces produits. Pour mon plan de retraite je souhaite passer le plus de temps avec mes enfants et voyager. Jai aussi un petit projet d’entreprise. Continu ton bon travail.

    1. Bonjour JF,

      Merci d’avoir partagé ta situation financière. Tu sembles avoir un plan solide!

      Je fais justement plusieurs recherches sur les FNB (ETF). Je vais bientôt vendre la majorité de mes titres boursiers pour investir dans des fonds. Pour l’instant, mon attention s’arrête à ceux proposés par Vanguard, iShare et BMO. De plus, je vais probablement diversifier mon portefeuille comme suit: 1/3 Canada, 1/3 U.S. et 1/3 reste du monde.

      Serais-tu à l’aise de partager les « tickers » des FNB dans lesquels tu as placé ton argent?

      Merci d’avance!

        1. salut JF

          Je suis intéressé… as tu toujours investis dans les FNB ou tu étais auparavant plus dans les actions?? J’utilise des FNB dans mon REER et dans mon CELI je prend des titres individuels súrs.

          2M?? wow, depuis combien de temps tu investis pour arriver à ce montant avec des fnb?.

          Je suis curieux si tu es à l’aise de partager plus j’aimerais bien avoir plus de détails, j’aime m’inspirer de l’histoire des autres pour me diriger un peu et me motiver 😉

          1. Et aussi, est ce que vendre des fnb est aussi gratuit?? car avec questrade, je peux acheter des fnb canadiens gratuitement mais je dois payer les frais si je les vend.

  15. Bonjour, nous avons actuellement 1.5M repartit de la façon suivante :
    400k: Condo paye
    100k : capital régional desjardins
    1000k : reee, reer, celi, fonds pension cotisation déterminé et cash

    Pour le 1000k : depuis 10 ans en etf. Avant en actions de banques canadiennes

    Pour répondre à la question de librocito. Oui gratuit à l’achat et vente les etf CheZ national di plus de 100 parts.

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