La peur d'avoir peur

La peur d’avoir peur

À la base, la peur est un sentiment qui est sain, même vital. Le réflexe de s’éloigner d’un animal menaçant ou de ne pas goûter à une plante inconnue a contribué à la survie de notre espèce. Toutefois, à un certain point, nos craintes peuvent nous paralyser et même nous empêcher d’être heureux. Depuis mon départ à la retraite, tout le monde s’est fait un devoir de me rappeler tout ce qui pourrait mal tourner. Je commence à avoir des sueurs froides! Et si j’avais sous-estimé tous les risques et les dangers qui me guettent?

La peur mène nos vies

L’être humain carbure à la peur. Les peurs des maladies, de la mort, de l’inconnu et de la solitude ont guidé les peuples à travers l’histoire. Au Québec, l’Église a longtemps utilisé ces peurs comme outil de contrôle social. « Si vous ne faites pas ce que je vous dis, vous irez en enfer. » Du pur génie!

Depuis que la religion s’est effacée de nos vies, le marketing a pris le relais. Les publicitaires le savent très bien, la peur est le moteur le plus puissant pour faire consommer. Vous avez peur de vieillir, cette crème effacera vos rides. Vous craignez les accidents, ce VUS 4×4 assurera la sécurité de votre famille. Vous avez peur d’être isolé du groupe, ce manteau Canada Goose suscitera la reconnaissance de tous.

De surcroît, nous sommes bombardés de nouvelles qui nous glacent le sang. Les désastres naturels, les attaques terroristes, les kidnappings, les accidents de la route et les prédateurs sexuels nous rappellent à quel point le monde est dangereux. Résultat, on s’enferme dans sa petite routine et on regarde la télé en disant « on es-tu ben chez nous ». Et, surtout, on consomme!

La peur du changement, la reine des peurs

L’être humain déteste le changement. Le changement c’est risqué et inconfortable. Pour avoir travaillé dans le secteur du logiciel, je peux affirmer que les employés sont angoissés dès qu’on leur parle de changer le moindre détail à leurs habitudes de travail. « C’est l’enfer! ».

Comme moi, vous avez sûrement connu des gens qui se plaignent jour après jour de leur boulot, de leurs collègues, du trafic, de leur embonpoint et de la météo, sans ne jamais rien changer à leur vie. Le billet de 6/49 est leur seule planche de salut. La peur de l’inconnu est plus forte que le désir d’être heureux. C’est fort!

Les risques de la retraite précoce

Quand un lecteur m’a dit, « le titre de retraité, ça se mérite, il faut avoir souffert pendant au moins 35 ans! », je savais qu’on aurait un débat animé ensemble. Bref, ce dernier m’a énuméré tous les scénarios catastrophiques qui pouvaient survenir. Ça m’a fait réfléchir. Voici les menaces auxquelles je fais face:

La peur du bear market

1- Le « Bear Market » arrive à grands pas

Depuis 2009, les marchés boursiers ont connu une forte hausse. Ce contexte est exceptionnel. Or, plusieurs analystes annoncent une baisse marquée des cours (« Bear Market ») dans un avenir proche. Dans ce cas, le rendement des actions serait insuffisant pour que je puisse en vivre.

Mon plan

Des Bear Markets sont survenus 32 fois entre 1900 et 2008, avec une durée moyenne de 367 jours (source). Ainsi, ma conjointe et moi, gardons un fonds d’urgence en « cash » qui nous permettrait de vivre deux ans, sans décaisser nos placements. De plus, notre arme secrète est la flexibilité de notre budget. Nos dépenses vitales (condo, épicerie, santé) sont très faibles et une portion importante de notre budget est dédiée aux loisirs. En coupant les voyages, les restos et les sorties, nous pourrions étirer nos dollars sur une assez longue période.

Dans le cas extrême où ce marasme se prolongeait sur plus de 3-4 ans, je devrais probablement me trouver d’autres sources de revenus pour éviter de gruger dans mon capital. C’est-à-dire, je devrais travailler comme tout le monde. Ouach!

La peur de ne pas trouver d'emploi

2- Mon employabilité diminue de jour en jour

Plus je suis sans emploi longtemps, plus ma valeur sur le marché du travail diminue. Par ailleurs, comment pourrais-je expliquer à un employeur potentiel le trou béant dans mon CV? Pire encore, s’il découvrait ce blogue, je serais foutu!

Mon plan

Pour le moment, retourner dans le monde corporatif ne serait pas une option. Si je devais absolument travailler, je le ferais bien différemment que durant mon « ancienne vie ». J’ai réalisé que je n’ai pas besoin d’un gros salaire pour subvenir à mes besoins et pour être heureux. 20 000$/année serait amplement suffisant pour que je n’aie pas à toucher à mon capital durant la crise.

Aussi, mon bénévolat auprès des jeunes entrepreneurs me force à rester au parfum des dernières tendances. Donc, pour l’instant, mon cerveau n’a pas ramolli.

Finalement, depuis ma retraite, je constate que les portes s’ouvrent au lieu de se fermer. Depuis que j’ai libéré mon esprit du « daily grind », les idées d’entreprises se révèlent. Partir en affaires serait donc pour moi une bonne option.

La peur de la règle de 4%

3- La règle de 4% va flancher

La règle de 4% est souvent critiquée (détails). Elle implique un revenu moyen sur les placements d’au moins 7%, avant les frais de gestion et les impôts. Même si cette règle fonctionne avec les données historiques, le passé n’est pas garant du futur. En plus, elle s’applique typiquement à une retraite de 30 ans ou moins.

Mon plan

Primo, je gère moi-même mon portefeuille, alors les frais de gestion sont négligeables. Secondo, je suis conscient des risques associés à la règle de 4% et je suis confortable avec ce niveau d’incertitude. Il s’agit d’un risque calculé. Tierso, ma conjointe et moi ne désirons pas laisser d’héritage à notre mort. Ainsi, nous pourrons utiliser notre capital en fin de vie, sans nous restreindre au 4%. Il est donc possible que je m’achète une Porsche à 70 ans (ou que j’aie à coucher dans mon char 🙂 ). L’avenir nous le dira.

La peur des baby-boomers

4- Les baby-boomers déclencheront l’Armageddon

Les 80 millions de baby-boomers en Amérique du Nord pourraient vendre leurs maisons, leurs actions et leurs fonds mutuels, dans un intervalle de 10-20 ans, et ainsi déclencher un Armageddon financier et économique.

Mon plan

Je n’ai aucun plan, autre que de m’adapter graduellement aux changements économiques. Peu importe à quel point on se prépare pour ce genre d’événement, la réalité est rarement celle escomptée. Par exemple, vous vous souvenez du « bug » de l’an 2000?

La peur d'une dépense imprévue

5- Une grosse dépense imprévue va nous ruiner

Une dépense très importante et imprévue nous obligerait à puiser dans notre capital et détruirait notre fonds de retraite. L’exemple qui revient souvent est la maladie.

Mon plan

Nous avons l’incroyable chance de vivre au Canada, où l’hospitalisation et la plupart des médicaments sont couverts par l’État. Or, si nous devions débourser un montant important pour des soins de santé, nous le ferions sans hésiter. C’est la priorité absolue! Nous pourrions vendre notre condo, réduire nos dépenses de moitié ou aller « flipper » des boulettes au McDo.

Vivre avec des remords ou avec des regrets

En plus de celles énumérées ici haut, il y a 1001 raisons d’éviter de prendre des risques. Le statu quo est toujours l’option la plus confortable. Par contre, c’est aussi celle qui mène aux regrets. Comme disait Nelson Mandella, « Que vos choix soient le reflet de vos espoirs et non de vos peurs. ».

Comme vous voyez, je vis avec une bonne dose d’incertitude. Ce mode de vie n’est pas pour tout le monde! Même si j’entretiens certaines craintes, l’urgence de vivre prends le dessus. Et, si le ciel me tombe sur la tête, je devrai m’adapter, c’est tout.

En passant, 1.2 milliards d’humains vivent avec moins de 1.25$ par jour (source). Ça remet les choses en perspective, non?

Quelles sont vos peurs? Êtes-vous tolérant aux risques?

43 comments

  1. Tope-là, jeune retraité!
    Je pense que bien des peurs viennent du fait qu’il s’agit d’un concept nouveau et loin d’être familier pour la majorité des gens.
    Lorsque la radio est arrivée, les gens disaient que ça allait provoquer « la fin des opinions » car les auditeurs allaient penser ce que la radio leur disait de penser.
    Ce qui est nouveau est étrange est suspect.
    Merci de contribuer à démystifier tout ça.

    1. Merci Nicolas!

      Et, à l’arrivée de la voiture, on pensait que ça nous rendrait paresseux… oups! Mauvais exemple. 😀

      Blague à part, il y a quand même plusieurs risques liés à mon mode de vie. Ce n’est pas pour tout le monde. Toutefois, pour moi, chaque jour est un cadeau. Même si tout ça devait s’arrêter demain matin, je n’aurais aucuns regrets. J’ai vraiment l’impression de « vivre », comme jamais avant dans ma vie.

      À mon avis, vivre constamment dans le stress, consommer au dessus de ses moyens, s’endetter pour acheter des bébelles et ne pas avoir de fonds d’urgence représente LE PIRE NIVEAU DE RISQUE. Je ne pourrais pas supporter tant d’incertitudes. Pourtant, la moitié des Québécois vivent comme ça.

  2. Oh que j’aime cet article; j’en ai des frissons! Moi aussi, j’y goûte, à tous ces commentaires et à tous ces scénarios catastrophes qui me sont exposés! Et oui, moi aussi, je doute parfois. Moi aussi, je n’ai aucun problème à retourner travailler comme caissière dans une épicerie (à temps partiel, quand même ;o) s’il le faut. On ne peut pas tout prévoir, effectivement! Sauf que je préfère vivre ainsi que travailler dans un cubicule pour encore 10 ou 15 ans et mourir d’un cancer la première année de ma retraite… ça aussi, c’est imprévisible. Merci encore pour ta chronique vraiment édifiante! Il faudra je le la fasse lire à bien du monde de mon entourage. En attendant, salutations en direct du Mexique, où je suis pour les prochains mois.

    1. Merci beaucoup Gabrielle!

      Depuis ma sortie du « métro, boulot, dodo », je réalise à quel point mes anciennes craintes étaient insignifiantes. Avant de faire le saut vers la retraite, j’ai eu plusieurs nuits blanches à imaginer le pire. En fin de compte, la vie continue. Et, je n’ai jamais été si heureux.

      Je pense que le plus grand risque dans la vie est de suivre le trajet défini par la société, sans oser vivre selon ses rêves.

      Profitez du soleil! Nous partons également dans quelques jours…

  3. Moi personne n’est au courant (je suis vaguement travailleur autonome pour mes proches) donc on me laisse tranquille 😉 De mon côté, c’est pas le côté financier qui m’a stressé, mais l’inconnu: ce que je vais faire, vais-je m’emmerder, vais-je avoir l’impression de ne plus servir à rien et déprimer, etc.

    En passant, la facture visuelle de tes posts est vraiment très belle, ainsi que bien entendu le contenu. J’imagine que c’est long à préparer, mais le résultat est excellent! Toujours un plaisir à lire!

    1. Salut Mr. Jack,

      Je ne savais pas que tu étais « undercover ». RicheRelax a également adopté cette approche. Est-ce que tu penses que le regard des gens changerait à ton égard?

      Et puis, est-ce que tu t’ennuies? Si tu veux meubler tes après-midi, mon offre de café tient toujours…

      Merci pour l’encouragement! À très bientôt!

      1. Je ne sais pas si le regard des autres changerait, c’est surtout que j’ai plus ou le moins le goût de passer beaucoup de temps à me justifier. Sur un blogue ça va, mais dans la vraie vie, moins.

        Non je ne m’ennuie pas du tout 🙂 Je vais peut-être passer prochainement par Montréal, si j’ai le temps d’un café je te fais signe !

        1. C’est une sage décision Mr. Jack! C’est quand même épuisant de nager constamment à contre-courant.

          Nous partons prochainement en voyage pour quelques semaines. Par contre, laisse-moi savoir quand même si tu passes dans le coin. J’aimerais bien te rencontrer.

          Merci, à plus!

  4. Je salue votre esprit d’indépendance et vous souhaite le meilleur des vents pour la poursuite de votre belle aventure. J’ai pour ma part la chance de réaliser un travail que j’apprécie intrinsèquement, qui me rend heureux. Mais je garde aussi cette fenêtre vers un univers plus essentiellement artistique, dans quelques années. Liberté, créativité, amitiés, tous les jours ne sont pas que rêves..

    1. Merci M Dumas pour la contribution!

      Je pense que « liberté, créativité, amitiés » résume assez bien mes ambitions. C’est une belle définition du bonheur.

      Au plaisir de lire vos prochains commentaires!

  5. La peur du manque, du ‘pas assez’, de l’incertitude, du vide, de la catastrophe éminente qui se tient au coin de la rue …Ça commence à ressembler à des symptômes du trouble d’anxiété généralisée! 😉 En même temps, si on se concentre sur nos peurs seulement, ne vont-elles pas se manifester sur l’écran de notre vie et venir confirmer nos croyances?

    Si on écoute toutes nos peurs créées par l’ego, nos rêves s’effriteront et notre vie passera sans anicroche mais sans passion non plus… Une bonne planification, un zest d’humour pour les situations imprévues et qui sait ce que la Vie nous réservera lorsqu’on osera passer à l’action. Bel article inspirant, merci!

    1. Bonjour Linda,

      Quel beau commentaire!

      J’ai découvert qu’il y a une condition médicale, la phobophobie, qui se manifeste chez les gens qui ont peur d’avoir peur. Donc, certaines personnes ont peur juste à l’idée d’avoir éventuellement peur. C’est grave! J’imagine que très peu de Québécois sont affectés par cette condition. Certes, je constate qu’un grand nombre d’entre eux ne prennent pas le « risque » d’être plus heureux.

      Comme vous dites, les pessimistes qui mettent toute l’emphase sur les aspects négatifs, finissent par voir que le négatif. Ceci à pour effet de confirmer leurs peurs. Et, la spirale continue.

      Merci pour le témoignage. Au plasir de lire vos prochains!

  6. Quoi dire de plus….. Tellement bien expliqué tes articles et en même temps ça nous fait prendre conscience de ce que la société voudrait qu’on soit. Alors oui pour l’urgence de Vivre et de connaitre des gens comme toi et ta conjointe.

    Au plaisir……..

    1. Un grand merci Claude Ko!

      Nous sommes tous différents. Il est donc peu probable que le trajet typique défini par la société soit celui qui nous mène au bonheur. À nous de choisir notre chemin!

      À bientôt!

  7. Toujours intéressant de lire vos articles! Une source de motivation continuelle!

    Petit bémol, votre remarque « Comme disent les p’tites madames » n’était pas nécessaire. De tous les textes que j’ai lu, vous n’utilisiez jamais de remarque péjorative et j’aimais lire votre neutralité et votre aisance. SVP ne tomber pas dans les clichés!

    Merci

  8. Très bon article. Je n’en reviens pas à quel point la peur mène les gens. Pour ma part, si je m’étais laissée aller à écouter mes peurs, je n’aurais pas la vie que j’ai (jeune retraitée avec deux ados). Les gens mélangent les risques avec les catastrophes inévitables. Un risque, ça reste un risque ni plus ni moins. Et ce qu’il y a de merveilleux, c’est que le risque se calcule. Il n’en tient qu’à nous de le limiter. Mon père me disait toujours que les propriétaires d’immeubles à logements étaient des personnes avec de très grosses dettes, en fait, selon lui, ils croulaient sous leurs dettes. Qu’ils étaient stressés par ces dettes, par les locataires à gérer et par le fait que leurs logements ne se loueraient peut-être pas… Il n’avait évidemment jamais eu d’immeuble à logements. Il se fiait à un raisonnement de peur. En prenant de l’expérience, en travaillant à un poste très bien rémunéré suite à de longues études, j’ai vite réalisé que ma pire peur était plutôt de travailler pendant 40 ans avec quelques semaines de vacances par années. J’ai aussi compris que les peurs qui m’empêchaient d’agir ou de prendre certains risques dans des situations où d’autres ont réussi, n’étaient pas plus réalistes que de penser gagner à la loto un jour. Et pourquoi au juste je ne réussirais pas si mon raisonnement est logique et si d’autres ont d’ailleurs réussis? Pourquoi 100 catastrophes aussi irréalistes les unes que les autres s’abattraient sur moi? En tout cas, une chose était sûre et sans risque…. C’est la vie que je mènerais si je continuais ainsi. Et ça, c’était à mes yeux une peur raisonnable.
    J’ai heureusement changé mon cap et j’ai commencé à croire en moi et aux méthodes à prendre qui ont fait leurs preuves avec d’autres. Mon conjoint a aussi commencé à penser de la même façon et il m’a énormément aidé. J’ai pris conseils auprès de gens qui ont réussi à prendre leur retraite tôt, par exemple auprès de gens qui ont des immeubles à logements ou qui ont bien investi dans la bourse, qui ont su limiter leurs dépenses au lieu d’écouter ceux qui n’avaient jamais rien risqué et qui n’avaient que des arguments basés sur la peur et qui n’avaient surtout pas atteint ou qui n’étaient pas parti pour atteindre l’objectif que je visais. Je me souviens du jour où je me suis dit,…  »Finalement, j’aime mieux avoir à gérer un locataire pour quelques heures de travail par année pour pouvoir ainsi profiter de la vie le reste du temps plutôt que de travailler pendant 40 ans à temps plein avec une job permanente en me disant au fond de moi que je passe à côté de ma vie ». La peur, l’anxiété sont souvent irrationnelles et elles voilent la réalité , l’optimisme et les solutions pour éviter le risque le plus possible et les bonnes idées pour aller vers la liberté financière. Laisser la peur prendre possession de nos pensées ne nous mènera sûrement pas là nous aimerions aller. Elle peut même nous faire reculer. Réussir à prendre une retraite jeune est surtout le résultat d’une certaine façon de penser…
    Je crois aussi qu’il y a des gens qui préfèrent travailler toute leur vie et en sont très heureux ainsi. Certains sont passionnés par leur travail et c’est bien ainsi. L’important c’est de ne pas se limiter par nos peurs lorsque l’on veut vraiment faire autre chose, être heureux et en harmonie avec ce que l’on est.
    Merci pour votre blog!

    1. Merci pour le superbe commentaire Eve! Vous faites ma journée!

      Vous m’enlevez les mots de la bouche. J’avais écrit quelque chose de très semblable initialement dans mon article. J’ai dû couper par soucis de longueur. Alors, merci de compléter ma pensée.

      Le plus grand risque dans la vie est de passer à côté du bonheur. Donc, ne pas prendre de risque est un risque en soi.

      De plus, le risque est une mesure d’incertitude, c’est tout. Ça veut dire qu’on ne sait pas exactement ce qui va se produire. Pour ma part, ça ajoute au bonheur. Je n’aurais certainement pas la même rage de vivre si je connaissais déjà la suite de mon histoire.

      À bientôt!

  9. Bonjour,
    J’adore le principe de l’indépendance finacière mais passer aussi le reste des jours à surveiller les machés boursiers, à stresser ses dépenses, chaque fois que tu veux faire un petit projet voyage ou autre, à voir la façon la moins chère n’est pas aussi agréable, on veut trouver un sens à la vie loin du $.
    Je crois j’en ai un peu de cette peur surtout du coté des enfants. Ex, ma fille a des difficulté d’apprentissage qui nécessitent un encadrement professionnelle, oublie le public, et le privé charge cher 70$/h, besoin minimum de deux heures par semaine et couvert nul part dans les assurances.
    Personnellement, je crois au travail autonome, tu contrôle ta peur, tu te donnes des objectifs, ex pour chaque année travaillée, 3 mois off et tu fais confiance à la vie!
    Merci pour cette reflexion

    1. Bonjour Noor,

      J’imagine que les peurs sont décuplés quand on est parent. C’est compréhensible et justifié. J’avais aussi des difficultés d’apprentissage à l’école primaire, alors je comprends les implications.

      Toutefois, je vous assure que ma conjointe et moi ne sommes pas stressés par nos finances. Ce n’est pas une source d’angoisse. Nous faisons un budget chaque mois, tout simplement pour documenter nos dépenses. Nous avons le réflexe de questionner toutes les dépenses au moment de l’achat. Ça requiert très peu d’effort. En plus, payer moins cher pour un produit/service me procure beaucoup de satisfaction.

      Merci pour votre contribution à la discussion!

  10. Je parle souvent de « retraite jeune en vivant modestement » à mes collègues de travail.
    L’idée de vivre modestement leur donne littéralement de l’urticaire!

    J’entends toujours le même « tu vas t’ennuyer »… »aller dans les auberges de jeunesse, très peu pour moi, j’aime mieux les 5 étwêles à Rivierâ Mayâ » , « t’as pas peur de manquer d’argent? etc etc.

  11. Bonjour Jeune retraité !
    Encore un excellent article, je retrouve des remarques entendues dans pas mal des points énumérés..
    Pour réduire le risque à néant je pense qu’il faut diversifier avec deux types d’actifs à évolution opposées. Par exemple en cas de crise économique, l’or monte c’est la dessus qu’est basé le permanent portfolio !
    Après dans mon domaine je ne peux que conseiller l’immobilier pour compléter ! Pourquoi ne pas acheter un petit immeuble à rénover dont le loyer est pratiquement assuré ? ☺️ En cas de baisse de sa valeur son rendement ne bougera pas d’un centime et bien évidemment l’effet de levier fait atteindre des rentabilités de plus de 40% s’il est bien exploité ! En tout cas, c’est le choix que j’ai fait et je ne le regrette pas !

    D’ailleurs n’hésite pas si tu veux que je rédige un petit article là dessus comme évoqué lors de notre rencontre !

    Bonne chance pour la suite !

    Baptiste

    1. Salut Baptiste,

      Ça me fait plaisir d’avoir de tes nouvelles! Alors, comment ça se passe ton projet d’immobilier?

      Tout comme Buffett, je ne suis pas un fan de l’or. C’est un matériau inerte et improductif. De plus, je n’aime pas les investissements entièrement spéculatif (ex: Bitcoin). Je préfère investir dans des entreprises que je comprends.

      Par contre, l’immobilier est une excellente option pour diversifier. Nous l’explorons depuis peu. Seul bémol, nous envisageons partir en voyage plusieurs mois par année. Alors, la gestion devient plus difficile.

      J’ai toujours l’intention d’écrire un article sur le sujet. Je te reviendrai.

      Merci beaucoup Baptiste!

      1. Salut !

        L’immobilier avance bien, grosse rentabilité et gros effet de levier donc plutôt content, je suis plus occupé par la création de mon entreprise dans les assurances en ce moment !

        Pour revenir à l’or, effectivement c’est totalement improductif et moi non plus je n’investis pas dans le bitcoin, mais l’or a quand même cet avantage d’être une valeur refuge et d’être un produit « physique » limité en terme de quantité ce qui assure une certaine stabilité. Je pense l’intégrer en petite partie à mon portefeuille dans le but d’avoir un contrepoid en cas de crise, sa valeur augmentant systématiquement ce qui contrecarrerait les pertes occasionnées sur le marché boursier, à réfléchir !

        Effectivement pour ce qui est de la gestion cela peut être plus compliqué, j’ai vu qu’au Québec ce n’est pas du tout pareil qu’en France. Dans notre cas, il est facile de déléguer la gestion à une agence et de ne rien avoir à faire.

        Après cela demande aussi des connaissances techniques pour ne pas avoir de problème sur le batiment !

        Bonne journée !

        Baptiste

        1. Salut Baptiste!

          Historiquement, l’or a effectivement été une valeur refuge. L’important est de diversifier. On ne sait jamais à quoi s’attendre!

          Je te reviens dans les prochains mois pour un article.

          Merci beaucoup! Bonne suite!

  12. Je suis mitigée entre différents points de vue lorsque je lis ton texte.

    Parfois, on a peur pour de « bonnes raisons », dans le sens où nos propres expériences amènent la peur à s’infiltrer dans notre esprit. J’ai l’impression d’être une vieille mémé qui répète toujours les mêmes histoires (lol!), mais depuis qu’on m’a dit que j’ai eu le cancer, j’ai peur. Un peu moins depuis que j’ai passé la marque des 2 ans de rémission, mais ça a marqué au fer chaud ma cervelle. Je ne peux plus planifier ma vie comme je le faisais avant, car j’ai vécu une épreuve qui m’a prouvé que  »shit can happens ». Aussi, en travaillant dans le milieu de la santé, où tu en vois des vertes et des pas mûres, des histoires qu’on pense que ça n’arrive qu’aux autres, c’est difficile de ne pas avoir peur pour soi-même ou son entourage.

    D’un autre côté, j’ai appris à laisser aller les choses et les accepter. Je n’ai pas de problèmes à changer d’emploi ou de département, de voyager, d’essayer de voir les choses différemment. J’ai parfois peur d’avoir peur, mais le  »thrill » de l’inconnu, j’aime bien de temps en temps, pour casser ma routine !

    1. Salut Sorcière Frugale,

      Je ne peux même pas imaginer tous les traumatismes liés à une telle expérience. Ça doit marquer l’esprit pour toujours. Comme tu dis, il y a des peurs qui sont justifiés. Merci d’amener cette perspective.

      Merci d’avoir partagé ton histoire! Bon courage pour la suite!

  13. Je trouve ce texte très intéressant et il m’interpelle sur une autre facette que je vais amener: j’ai souvent changé d’emploi car je me tanne après quelques années. Et je dois avouer que j’ai souvent vu l’incompréhension et la peur des gens qui se demandent « mais comment il fait qu est ce quil va faire si il a pas de stabilité d emploi » et tout le blabla que vous connaissez. Pourtant, de mon point de vue je me vois comme plus heureux et plus libre qur tous ceux qui méprisent ce genre de façon de vivre car je ne me sens pas obligé de faire quelque chose qui ne me plait pas et jai passé par dessus la peur de changer de boulot et même que j ai pu apprécier souvent quelques mois de vacances et de voyages.
    Et je me suis rendu compte chaque fois que du boulot,il n en manque pas pour les téméraires. Maintenant j’ai meme un tres bon emploi que je crois garder jusqua mon indépendance financière car je my plait.

    C est un peu le meme principe, la peur enferme les gens dans des boulots qu ils n aiment pas nécéssairement. En plus ils ont des enfants achetent une maison etc… et ils sont pris dans un cercle vicieux et ont encore plus peur de l incertitude face à l avenir car ils ne peuvent pas se permettre maintenant de sauter une paye car ils sont trop devenus comfortable dans leur stabilité et leur petit confort.

    Comme les voyages; il faut sortir de sa zone de confort de temps en temps afin de ne pas s asseoir et avoir peur de vouloir en sortir pour le reste de nos jours sous le prétexte de la sécurité financière… je crois que tout le monde ici peut se débrouiller et va finir par s en sortir en cas de soucis quelconque.

    Ceci dit, c est mon opinion et je ne veux pas imposer aux autres mes inconforts

    1. Salut Librocito,

      Merci pour un autre commentaire pertinent!

      La peur de changer d’emploi semble être une peur récurrente à travers les commentaires. Le boulot est au coeur de la vie de la vaste majorité des gens. Or, ils s’acharnent à garder un poste stressant, qui les rend malheureux. Pourquoi? Avec un fonds fonds d’urgence de moins de 3 000$, les options sont limitées. Surtout, l’endettement crystalise la situation actuelle et nous empêche de changer quoi que ce soi à notre vie.

      La sabbatique arrive à grands pas!

  14. J’aime bien calculer le risque comme: si je gagne, je gagne gros et si je perds, je perds peu ou je ne perds rien. Dans votre cas, Jeune retraité, je vois que vous mettez les chances de votre bord pour gagner la ressource la plus précieuse qui est le temps. Dans le fond, retourner sur le marché du travail 1 année, si l’économie flanchait, est-ce une grosse perte? Exemple dans un scénario pessimiste: 50 années de retraite (mais je vous souhaite quand même de vivre très vieux!) sur une année de travail au salaire minimum avec l’embarras du choix de plusieurs petites jobines, est-ce dramatique? C’est 2% du temps de retraité consacré à un échange de temps contre de l’argent pour subvenir à des besoins de base.

    Personnellement, j’aimerais bien avoir des revenus tirés d’un passe-temps pendant ma vie de retraité, exemple 2000$ par année qui irait dans un fonds supplémentaire dédié à un marché baissier qui durerait plus de 2 ans.

    En attendant, je roule ma boule de neige avec un plaisir fou! En lisant les articles de JR et tous les intervenants sur ce site, je me sens de plus en plus inspiré. Mon plan pour ce grand projet prend forme et est de plus en plus concret.

    Pour finir, j’ai lu quelque part sur des blogues d’indépendance financière être le PDG de sa propre vie c’est le summum du bonheur. Même Warren Buffett a dit: “The most important investment you can make is in yourself.”

    1. Bonjour J-D,

      Bienvenue dans la communauté!

      Avant de ma lancer dans ma nouvelle vie de retraité, j’ai fais plusieurs scénarios (un peu comme dans votre commentaire) et aucun d’entre eux étaient désastreux. Au pire, je reviens au même point où j’étais avant. C’est-à-dire, je travaille comme tout le monde.

      Aussi, pour l’instant, je suis en mode « vacance » et je ne cherche pas de revenus, mais peut-être qu’un de mes passe-temps deviendra éventuellement profitable.

      Continuez de rouler votre boule de neige. Vous aurez un beau bonhomme de neige (et la liberté en prime). 🙂

      N’hésitez pas à revenir partager vos expériences.

  15. Encore un bonbon de lecture !! Timing parfait pour ma part que de vous avoir découvert en ce tournant de vie. C’est tellement agréable de te lire ainsi que tous les commentaires qui s’y rattachent. Je m’instruis énormément à la lecture de ton blog et ça m’incite à faire des recherches pour bien placer mes pions! Comme je suis au tout début de mon cheminement vers l’indépendance, (j’ai mis mon premier 50% de paie de côté cette semaine et deux restos plus tard, j’en me rend bien compte que je ne suis pas morte !!) il y a certaines questions que je n’ai même pas encore envisagées. Merci de tracer le chemin. Aller à contre courant, comme tu dis mais avec qqn qui a déjà gracieusement défriché une partie du chemin. Vraiment je l’apprécie !!

  16. Je suis à la retraite depuis 7 ans déjà…A 48 ans, j’ai décidé de quitter le milieu dans lequel je travaillais après une vie d’employée de 30 ans au sein de l’administration municipale. Mes enfants étaient alors âgés de 18, 15 et 13 ans et mon conjoint était malade bien qu’il travaillait toujours. Sincèrement, il m’arrive de trouver cela difficile de ne pas rencontrer des gens sur une base régulière. J’ai donc décidé de suivre des études et devenir courtier immobilier… un métier très difficile qui peut vous endetter !! Beaucoup en arrachent !! Ce n’est pas mon cas mais disons que le ratio coût bénéfices est très élevé. Je pense à délaisser cette profession étant donné les coûts exorbitants. Mon nouveau conjoint est plus jeune que moi (3 ans) et est actuellement en procédure de divorce…

    Je me demande comment vous faites pour vivre avec 20K par année afin de subvenir à vos besoins primaires. Quels sont vos ratios logement, nourriture, etc. Pour ma part, je dépense très peu… mais je subviens encore aux besoins de mes enfants de manière sporadique car ils n’habitent plus avec moi mais sont encore aux études et ou peu de ressources et encore jeunes.

    Merci de m’éclairer… Je suis en condo actuellement et mon copain et moi prévoyons vivre ensemble. Je crois que vivre dans plus grand et plus cher n’est pas une alternative … les coûts sont trop importants. Je préfère demeurer dans le condo acheté en 2016 et profiter de la Vie à deux.

    1. Bonjour Linda,

      Merci d’avoir partagé votre cheminement!

      Depuis la retraite, notre budget annuel est plus près de 30k$ que de 20k$. Ce montant peut paraître faible dans une perspective québécoise (la moyenne est 50k$). Certes, il est TRÈS élevé dans une perspective mondiale.

      Nous avons construit notre vie pour que les dépenses nécessaires soient très faibles, sans nuire à notre qualité de vie. Premièrement, nous payons le moins possible pour la voiture. Nous nous sommes jamais endetté pour acheter une auto. Aussi, nous gardons nos autos jusqu’au dernier KM. Deuxièmement, nous avons acheté notre condo en fonction des frais récurrents. Les taxes et les frais de condo sont très faibles. Nous avons acheté le plus petit condo possible (et non le plus grand) et il est payé. Finalement, nous ne payons pas pour le câble, netflix, spotify ou pour un forfait de données mobiles.

      Je vous invite à lire: Comment épargner pour prendre sa retraite à 40 ans

      Je vous souhaite une belle nouvelle vie!

  17. Bonjour,

    Ton site est très inspirant et m’a permis de confirmer mes calculs de besoin monétaire à la retraite. Aussi, je prévois suivre tes pas vers la liberté (retraite) vers juin 2018 (peut-être avant).

    Merci.

    J

  18. Eve: Très intéressant ton commentaire, particulièrement sur la notion de peur et de risque.

    Relativement à l’immobilier, je crois qu’il s’agit un véhicule de placement comme un autre, et qu’il ne faut pas être aveuglé par les rendements des dernières années. Il faut plus regarder l’historique sur une longue période. Le même constat se fait avec la bourse. La personne qui pense reproduire des rendements similaires dans les prochaines années à ceux vu depuis la crise de 2008/2009 risque d’être déçu. Il ne faut pas oublier qu’il y a une corrélation entre les rendements boursiers/immobiliers et les taux d’intérêts. Après de bien belles années, on semble plus se diriger vers des hausses de taux que des baisses !

    Pour avoir investis autant dans l’immobilier que la bourse, et être encore actif dans les deux sphères, je crois qu’il est important de bien faire ses devoirs avant d’acheter. Comme tout investissement, ça demande des connaissances.Quand je vois des prix de 550000$ pour un triplex des années 1950-1960 à Montréal avec des revenus d’environ 30 000$, je ne vois pas la rentabilité à première vue sachant le déficit d’entretien des immeubles en général. Cependant, je suis très content du prix élevé de l’immobilier pour ceux que je détiens.

    Je limite mes commentaires pour les petits plex, la partie étant différente quand on se dirige vers du 6x et plus.

    L’immobilier n’est pas un investissement passif. Ce n’est pas un FNB/fonds communs qu’on achète et qu’on laisse dormir. Il y a des locataires, des travaux, de l’entretien. L’erreur classique est de ne pas attribuer une valeur au temps passé à gérer les immeubles. Et ce temps alloué à louer/entretenir/réparer n’est pas reconnu comme une dépense par le gouvernement.

    Et pour une personne comme toi Jeune Retraité qui aime voyager, l’immobilier peut-être un boulet si tu ne peux pas compter sur une personne de confiance durant ton absence.

    1. Salut Agent 007,

      Merci pour la contribution!

      En effet, je ne crois pas que les placements immobiliers conviennent à mon mode de vie. Cependant, j’écrirai un article en janvier prochain sur le sujet. J’ai envie d’explorer cette avenue en profondeur. Plusieurs me posent la question…

      Merci, à bientôt!

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